J'ai hérité ça de ma mère puis maintenant, j'suis pris avec.
La conscience sociale, au niveau des travailleurs. On ne peut plus appeler ça "conscience sociale" ni même syndicalisme. C'est sentir que son devoir, dans la vie, c'est de travailler pour les autres. Pour obtenir le bien de tous.
Personne ne m'oblige à m'impliquer dans rien. Mais il y a ma mère en version mini qui vit en moi et qui me pousse constamment à m'impliquer dans des causes qui me sont chères. J'imagine que ça en prend, dans le monde.
Ma mère est une Michel Chartrand de 5'2, au charisme incroyable. Toujours vêtue d'un chic certain, vous ne penserez jamais qu'elle a déjà lancé des peanuts à Jean Charest. Et pourtant, elle l'a fait.
Au-delà des peanuts, c'est sa présence à de multiples manifestations dans les rues qui aura fait bouger les choses. Elle n'était pas obligée d'aller marcher sous la pluie et le froid, durant des heures, pour le bien de tous. Mais j'imagine qu'elle a un mini Chartrand qui vit en elle et qui lui sacre après si elle ne s'implique pas.
Et ça m'écoeure d'entendre des êtres le ventre plein, ayant toujours eu tout cuit dans le bec, chialer contre les syndicalistes et autres impliqués de ce monde. Ils n'ont jamais rien fais ni enduré pour avoir droit à des conditions de travail acceptables. Ils oublient vite que ces gens se sont battus avant nous.
J'imagine que c'est comme ça. Dans le monde, ça prend des manifesteux qui changent peu à peu le monde, des chialeux pour leur barrer les roues, des passifs pour être juste là. Pis moi, j'peux pas rester chez nous.