26 juillet 2008

Retour vers le futur

C'est fou à quel point la vie peut changer du tout au tout en aussi peu de temps. Aujourd'hui le rush est fini, le big projet a été complété. Je suis satisfaite du travail fait, insatisfaite de me retrouver les mains vides. Il me faut vite un nouveau projet (heureusement je l'ai!) afin de ne pas tomber dans une sévère dépression (et je ne blague pas!). C'est ma personnalité qui est comme ça.

Mon expérience à Juste pour rire va m'apporter beaucoup, chose certaine. Mais il ne faut pas se leurrer, le monde des arts et spectacles est cruel, sans pitié, et n'est certainement pas facile. Pour les débutants comme pour les établis: dans ce monde, rien n'est acquis.

Et c'est fou à quel point c'est une roue qui tourne. Chaque geste ou à peu près est en lien avec le prochain festival, le prochain gala. Une fois l'événement passé, on recommence. Les humoristes écrivent de nouveaux numéros, se promènent dans les bars, espérant pouvoir être invités aux prochains auditions pour les galas Juste pour rire et Grand rire. Et à travers ça, une nouvelle cuvée de l'École nationale de l'humour fait son entrée dans ce monde. Pour ma part, les deux années vécues à l'école m'ont enveloppé dans une bulle magique. La bulle de la sécurité, un espèce de cocon, un nid tissé pour nous aveugler dans l'illusion. Plus la fin de la formation approche, plus la panique s'élève en nous. "Que vais-je faire?" "Qu'est-ce qui va m'arriver?" "Vais-je réussir?"

Certains s'inscrivent à l'Université dans un autre domaine, fuyant ainsi ces questionnements. D'autres vont travailler dans un domaine complètement différent. Certains lâchent même l'humour. Car à la sortir de l'École, il n'y a rien qu'un gros vide rempli de relève.

La relève en humour. Osti qu'il y en a! Autant des pourris que des excellents. Mais oui, y a des maudits pas bons qui osent se donner le titre d'humoriste. Qui vont noircir notre milieu. Mais ça, c'est la vie. C'est comme ça partout.

Et le plus cruel dans tout ça est que n'importe quelle lumière, n'importe quel espoir, ne veut absolument rien dire. Un show à Juste pour rire n'est garant de rien. Un gala Juste pour rire non plus. Rien n'est garant de rien.

Le cercle vicieux s'y retrouve. Car les artistes ont besoin de cette insécurité pour créer, pour se renouveler, pour se dépasser. Un artiste établi ne peut pas s'asseoir trop longtemps sans risquer de se faire rejoindre par un artiste de la relève déterminé. La saine compétition. Et pas étonnant que le milieu des arts soit si difficile. Dans un bureau, les gens font leurs trucs, y a pas de flaflas, c'est la vie normale. En humour, y a rien de facile. Mais c'est ici que nous sommes heureux, nous, les humoristes.

12 juillet 2008

En manque de sketch?

C'est le titre de notre show, notre premier show en tant que groupe EN 3D

Venez le voir... 13-14 ou 19 juillet, 19 heures, Studio Juste pour rire

Nous, on est prêt, on a hâte, pis on stresse!

Youppi!!!!

03 juillet 2008

Mon premier gala - La suite

C'est à 21 heures que je me rends au 2e étage, où se trouvent la maquilleuse et les coiffeuses. Mon personnage porte une affreuse perruque trouvée par la costumière, c'est le temps de la fixer. J'ai déjà enfilé mon costume, gros merci d'ailleurs à la couturière qui a refait mon bord de pantalon qui était tout détruit (je ne sais pas coudre, bon).
C'est le luxe, n'est-ce pas! Moi qui voulait coller tout ça avec du gros tape gris...

La maquilleuse fait un excellent maquillage douteux, parfait pour l'occasion. C'est filmé pour Radio-Canada, alors tous les détails sont importants: bout de cheveux qui dépasse, mousse sur mon chandail, dents sales... Ouais bon, je suis aller me les brosser quand même!

J'dois vous admettre que ma journée s'est déroulée en "up and down", passant du stress le plus total au calme le plus louche... vu les circonstances. Mais une fois le show débuté, mon coeur s'est mis à battre de façon exagérée. Je peinais à respirer pendant que la coiffeuse me tirait les cheveux, je ne pouvais plus répéter mon texte (j'pense que mon cerveau était tanné de l'entendre).

Et puis le moment est arrivé.

LE moment.

Je suis en coulisses. J'ai envie de pipi. Non pas vraiment, j'ai soif. J'AI TERRIBLEMENT SOIF. Vite! Une bouteille d'eau! J'en bois deux gorgées, je me sens mal, je veux vomir. J'ai le temps d'aller aux toilettes. La porte est verrouillée. QUI PISSE JUSTE AVANT MON NUMÉRO?? De toute façon, j'ai mon micro accroché je n'aurai jamais le temps... et puis je ne veux pas qu'on m'entende pisser en régie. Il est temps de traverser la scène et de me rendre à l'autre coulisses. Je ne pourrais jamais vous exprimer à quel point il est étrange de marcher sur la scène, en arrière du rideau, pendant un show! Tu te sens dans le même endroit, mais dans un autre monde... bref.

Je suis à mon poste. J'attends que Martin termine son numéro avec les mille enfants. Je suis stand-by pas à peu près, ma cigarette en main, le briquet déjà en flammes.
Et il commence. Il me présente. Je shake, j'm'allume, pis j'pars, parce que la toune part, je pars, je marche, lentement, mon personnage est paisible, je fume, et je débute en disant mon premier mot.

ET ÇA RIT.

Vraiment fort. Parce qu'ils sont nombreux! Je me sens dans un autre monde, je fais mes trucs, prends mon temps, et puis je m'amuse terriblement!

Et voilà. Ça continue ainsi... jusqu'à la fin de mon numéro. En sortant je ne me dis qu'une seule chose: "J'ai oublié des bouts! Ça s'est passé trop vite!" André Robitaille m'attend en coulisses pour m'interviewer, il y a un caméraman et une perche, mais moi je ne fais que réfléchir à mon texte pour découvrir ce que j'ai oublié. Je me fais traîné par monsieur Vazimolo dans une loge enboucanée, ils m'ont préparé un concept de fou pour l'entrevue d'après numéro!

Dès que je suis libre, je me précipite dans les bras de mon chum qui m'a regardé de la coulisse. C'est alors qu'il m'a avoué: "Je ne voulais pas que tu viennes me parler avant ton numéro, j'avais peur que tu te rendes compte à quel point j'étais stressé! " Mais je crois que je l'étais trop moi-même pour me rendre compte de quoi que ce soit :)

Je lui ai alors posé LA question, l'objet de mon inquiétude la plus profonde: "Est-ce que j'ai oublié quelque chose?"




NON!!


Le poids disparu, j'ai pu passer le reste de ma soirée à vivre la satisfaction d'une des plus grandes réalisations de ma vie!
 
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