Se lever le matin, se préparer pour aller au travail, scruter sa garde-robe à la loupe et ne rien trouver. Voici mon problème de fille.
Au contraire, on sait tous que des vêtements et des robes, il y en a en masse. Que j'ai dépensé plus de 200$ il y a quelques jours en toutes sortes de guenilles. MAIS. Ce matin, je ne trouve rien. Rien qui m'allume, rien qui me tente. Ma garde-robe me gosse.
Déprime passagère? Non mais est-ce que j'ai de l'air d'avoir de temps de filer la parfaite déprime passagère? Je dois quitter pour ma part time job d'ici quelques minutes, et si je ne choisis pas, je devrai m'y rendre nue. Même les prostituée ne se rende pas à la job dévêtue, on s'entend tu Marie, pour dire que TU DOIS choisir ce que tu porterais aujourd'hui?
Dans un moment d'égarement, je pourrais dire que j'aimerais travailler chez Tim Horton's, pour ne pas avoir à décider de mes vêtements. Mais penser une seule seconde à leur kit beige et beige pâle, leurs culottes en forme de culotte de cheval et leur noeud pas trop papillon et un peu louche porté au cou... Me remet la réalité en face.
Ma garde-robe est pas si pire... après tout.
Signé Miss Bipolaire
29 mars 2008
28 mars 2008
Où suis-je?
Plus de 2 semaines sans donner de nouvelles, alors que certains bloguent deux fois par jour... je me déçois terriblement.
Mais des histoires farfelues quand on est en couple et que tout va bien, ça n'arrive plus. Finies les rencontres fuckées de Réseau Contact; je dors maintenant sur mes deux oreilles, collée contre mon gros ours.
Alors des nouvelles de moi?
Mes sourcils.
Ils sont enfin épilés. Ça faisait un an. Dégoûtant, n'est-ce pas? Les hommes diront: "Bah, je ne vois pas la différence."
Les femmes diront:"Ah, moi aussi je suis tellement due!"
Ma graisse.
Toujours là. Je m'entraîne parfois, pas assez. Et je mange des biscuits trempés dans du lait. Du 0%, au moins. Certains diront:"Ark, du 0%, ça goûte rien, bla bla"
Daniel Pinard nous rappellera que seuls les humains boivent encore du lait à l'âge adulte, ce à quoi je répondrai que je m'en tabarnaque allègrement. Pis du 0%, ça me "dérange rien".
Mes cheveux.
Les mèches sont disparues. Où est la Marie qui changeait de couleur chaque mois? Morte dans son adolescence.
Mes seins.
Désolée, ils sont tellement dans ma face que je me dois d'en parler. Preuves photographiques à l'appui, des amis ont confirmé: ils sont plus gros que jamais.
Mon Mac.
Encore blanc.
Mon hamac.
J'en ai pas.
Mon appartement.
Loué dans 1 mois. Je quitte mon décor rose pour un 5 et demi avec Amour. On discute encore du plan de match: où seront les bureaux, le salon et la chambre. Tout est possible. Comment choisir?
Mon nouveau loisir.
Aller chez Canadian Tire pour avoir envie de m'acheter un foyer, un barbecue et un hamac.
Ma job.
Du caca.
Les shows.
Ça roule... la grosse saison approche à grands pas: Juste pour rire, Grand rire, l'été quoi...
Et je dois dormir. Je me lève dans 6 heures. Pour ma job de merde.
À plus...
Mais des histoires farfelues quand on est en couple et que tout va bien, ça n'arrive plus. Finies les rencontres fuckées de Réseau Contact; je dors maintenant sur mes deux oreilles, collée contre mon gros ours.
Alors des nouvelles de moi?
Mes sourcils.
Ils sont enfin épilés. Ça faisait un an. Dégoûtant, n'est-ce pas? Les hommes diront: "Bah, je ne vois pas la différence."
Les femmes diront:"Ah, moi aussi je suis tellement due!"
Ma graisse.
Toujours là. Je m'entraîne parfois, pas assez. Et je mange des biscuits trempés dans du lait. Du 0%, au moins. Certains diront:"Ark, du 0%, ça goûte rien, bla bla"
Daniel Pinard nous rappellera que seuls les humains boivent encore du lait à l'âge adulte, ce à quoi je répondrai que je m'en tabarnaque allègrement. Pis du 0%, ça me "dérange rien".
Mes cheveux.
Les mèches sont disparues. Où est la Marie qui changeait de couleur chaque mois? Morte dans son adolescence.
Mes seins.
Désolée, ils sont tellement dans ma face que je me dois d'en parler. Preuves photographiques à l'appui, des amis ont confirmé: ils sont plus gros que jamais.
Mon Mac.
Encore blanc.
Mon hamac.
J'en ai pas.
Mon appartement.
Loué dans 1 mois. Je quitte mon décor rose pour un 5 et demi avec Amour. On discute encore du plan de match: où seront les bureaux, le salon et la chambre. Tout est possible. Comment choisir?
Mon nouveau loisir.
Aller chez Canadian Tire pour avoir envie de m'acheter un foyer, un barbecue et un hamac.
Ma job.
Du caca.
Les shows.
Ça roule... la grosse saison approche à grands pas: Juste pour rire, Grand rire, l'été quoi...
Et je dois dormir. Je me lève dans 6 heures. Pour ma job de merde.
À plus...
13 mars 2008
La réalité de la relève - 2
J'ai probablement l'air pessimiste à mort dans mon dernier post, ce que je ne suis pas.
En fait, j'avais simplement envie de dresser un des portraits de cette réalité vécue par une panoplies d'humoristes.
Probablement dû à mon éducation principalement donné par une mère syndicaliste, je suis facilement enragée contre les empires de toutes sortes qui profitent des plus pauvres, malgré le fait qu'ils manquent de tout sauf d'argent.
Alors on veut de la visibilité, mais à quel prix?
Quel artiste voudrait faire le don total de son matériel? Surtout lorsqu'il est dans ses débuts et que les numéros qui relèvent du génie ne lui pleuvent pas sur la tête?
La plupart des artistes de la relève ne lisent même pas les contrats qu'ils signent... vous me direz qu'ils sont naïfs, c'est vrai. Mais quand il s'agit d'un contrat rédigé par l'Empire de l'humour, tu te ferme la gueule et tu signes. Car tu veux être gentil. Pour être signé à nouveau. Tout ça pour la visibilité. Et parce que c'est l'Empire. Parce que personne dit non à l'Empire.
Malgré cela...
On compte quand même un avantage majeur lorsqu'on est pas connu: le droit de se planter sans que ça sorte le lendemain dans les journaux.
À suivre..
En fait, j'avais simplement envie de dresser un des portraits de cette réalité vécue par une panoplies d'humoristes.
Probablement dû à mon éducation principalement donné par une mère syndicaliste, je suis facilement enragée contre les empires de toutes sortes qui profitent des plus pauvres, malgré le fait qu'ils manquent de tout sauf d'argent.
Alors on veut de la visibilité, mais à quel prix?
Quel artiste voudrait faire le don total de son matériel? Surtout lorsqu'il est dans ses débuts et que les numéros qui relèvent du génie ne lui pleuvent pas sur la tête?
La plupart des artistes de la relève ne lisent même pas les contrats qu'ils signent... vous me direz qu'ils sont naïfs, c'est vrai. Mais quand il s'agit d'un contrat rédigé par l'Empire de l'humour, tu te ferme la gueule et tu signes. Car tu veux être gentil. Pour être signé à nouveau. Tout ça pour la visibilité. Et parce que c'est l'Empire. Parce que personne dit non à l'Empire.
Malgré cela...
On compte quand même un avantage majeur lorsqu'on est pas connu: le droit de se planter sans que ça sorte le lendemain dans les journaux.
À suivre..
08 mars 2008
La réalité des humoristes de la relève
Il n'y a pas un an, je graduais de l'École nationale de l'humour. Après deux ans de formation et une tournée de spectacles de quelques mois, je devenais Humoriste, comme un comptable devient comptable après son BAC.
Mais en humour, une formation, ça ne veut pratiquement rien dire. Théoriquement, je suis considérée comme une Humoriste à part entière, professionnelle, alors que la réalité est tout autre. Pratiquement, je suis d'abord et avant tout considérée comme une humoriste de la relève, inconnue et perdue dans la masse.
La réalité est frappante, surtout à la sortie de l'École de l'humour. Pendant deux ans, on te chouchoute en t'aidant à écrire tes textes. Ton entourage est constitué de quelques autres étudiants, que tu vois chaque jour et avec qui tu développes une complicité sans pareil. À la sortie, tout s'écroule.
Car l'école accueille une autre dizaine d'élèves, ils doient chouchoutter les nouveaux. Tu te lances alors dans la jungle. À la recherche de contrats pas trop payants, dans des bars louches où des gars saouls t'échappent une bière dessus. Parfois on t'offre un contrat payant et trop agréable: tu n'en crois pas tes yeux.
Mais ces contrats ne te tombent pas dessus, alors tu travaille part time dans une job plate d'étudiant, pis t'aimerais donc ça y travailler en tant qu'étudiant, pas en tant qu'humoriste de la relève. Après la job t'es brûlé, mais tu dois écrire à travers tout ça, pour te booker des spectacles, pour te faire voir, pour percer la jungle, pour arriver à quelque part. Où? On ne sait pas. Pis faut pas que ta petite job soit trop payante, car l'argent c'est dangereux... L'appât du gain peut parfois passer par dessus le rêve de devenir humoriste... Alors tu travailles, tu aimes ton mode de vie, et l'idée de faire des shows gratis te plaîtt de moins en moins...
Puis y'a les attrapes-relève, des occasions spécialement offertes aux humoristes pas connus à la recherche de visibilité. Des spots pas trop payants, où on te crosse sans scrupule en te faisant croire que la visibilité vaut la crosse. T'as pas le choix d'embarquer, parce qu'il n'y a rien d'autre, et tu n'ose pas la révolte, de peur de te faire barrer des grands producteurs. Tu te dis: le jour où je serai connu, je me révolterai! Mais rendu là, t'es trop connu pour qu'on t'offre ces occasions spéciales.
Parmi les finissants, y'a les chanceux comme moi qui ont plein de projets, qui roulent assez activiement dans leur petit milieu de relève, qui voient une certaine lumière au bout du tunnel.
Puis il y en a d'autres, qui une fois dans la jungle décident de ne pas risquer leur vie à essayer de percer, qui retournent dans un milieu plus sûr, où la formation te mène directement à un métier.
à suivre...
Mais en humour, une formation, ça ne veut pratiquement rien dire. Théoriquement, je suis considérée comme une Humoriste à part entière, professionnelle, alors que la réalité est tout autre. Pratiquement, je suis d'abord et avant tout considérée comme une humoriste de la relève, inconnue et perdue dans la masse.
La réalité est frappante, surtout à la sortie de l'École de l'humour. Pendant deux ans, on te chouchoute en t'aidant à écrire tes textes. Ton entourage est constitué de quelques autres étudiants, que tu vois chaque jour et avec qui tu développes une complicité sans pareil. À la sortie, tout s'écroule.
Car l'école accueille une autre dizaine d'élèves, ils doient chouchoutter les nouveaux. Tu te lances alors dans la jungle. À la recherche de contrats pas trop payants, dans des bars louches où des gars saouls t'échappent une bière dessus. Parfois on t'offre un contrat payant et trop agréable: tu n'en crois pas tes yeux.
Mais ces contrats ne te tombent pas dessus, alors tu travaille part time dans une job plate d'étudiant, pis t'aimerais donc ça y travailler en tant qu'étudiant, pas en tant qu'humoriste de la relève. Après la job t'es brûlé, mais tu dois écrire à travers tout ça, pour te booker des spectacles, pour te faire voir, pour percer la jungle, pour arriver à quelque part. Où? On ne sait pas. Pis faut pas que ta petite job soit trop payante, car l'argent c'est dangereux... L'appât du gain peut parfois passer par dessus le rêve de devenir humoriste... Alors tu travailles, tu aimes ton mode de vie, et l'idée de faire des shows gratis te plaîtt de moins en moins...
Puis y'a les attrapes-relève, des occasions spécialement offertes aux humoristes pas connus à la recherche de visibilité. Des spots pas trop payants, où on te crosse sans scrupule en te faisant croire que la visibilité vaut la crosse. T'as pas le choix d'embarquer, parce qu'il n'y a rien d'autre, et tu n'ose pas la révolte, de peur de te faire barrer des grands producteurs. Tu te dis: le jour où je serai connu, je me révolterai! Mais rendu là, t'es trop connu pour qu'on t'offre ces occasions spéciales.
Parmi les finissants, y'a les chanceux comme moi qui ont plein de projets, qui roulent assez activiement dans leur petit milieu de relève, qui voient une certaine lumière au bout du tunnel.
Puis il y en a d'autres, qui une fois dans la jungle décident de ne pas risquer leur vie à essayer de percer, qui retournent dans un milieu plus sûr, où la formation te mène directement à un métier.
à suivre...
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