Je divorçais de mon premier vrai chum, Monsieur 4 ans. J'avais 19 ans, je terminais le cégep et me dirigeais à l'Université de Montréal en politique. J'étais donc conne. Mais surtout malheureuse, vivant à fond ce divorce qui me laissait l'impression d'être tranchée en mille morceaux par un couteau pas trop aiguisé. Bref.
La soeur de Monsieur 4 ans se mariait cet été-là, et mon ex et moi avons pris la saine (voir l'ironie ici) décision d'y aller ensemble. Malgré cette séparation pleine de (dois-je mettre l'accent ici sur le mot) DOULEUR. Une séparation FUCKING douloureuse.
Je me mets belle. Bon, je ne me mets pas dans le sens de "je me fourre moi-même", je me FAIS belle. Je me maquille. Me rend chez la kéffeuse. Porte une robe sexy et noire. Des talons aiguilles noirs. Damn I'm hot. J'ai la peau huilée. Je me caresse l'entre-jambe en touchant ma généreuse poitrine..
Ben non, j'suis pas auteure de nouvelles érotiques cheap; je raconte une rupture douloureuse mise en scène dans un mariage. Pis j'ai pas la peau huilée. Qui se huile la peau anyway?
La cérémonie débute, mon cul repose sur un banc d'Église, voisinant le cul de l'ex. Le curé dit ses conneries habituelles à propos d'un certain Épître qui pardonne à un Épais, et soudain, catastrophe. Les mots d'amour. Les "pour toujours". Les larmes dans les yeux des amoureux, l'atmosphère de joie régnant partout, l'eau dégoutte de mes propres yeux. Je sanglote comme une ostie de folle, j'ai envie de crier: "C'est donc ben beau!!" Je suis fucking émue, j'ai envie de dire à Monsieur 4 ans qu'il est l'homme de ma vie, mais il ne l'est pas, donc je ne le dis pas, je ne sais plus ce que je dois faire. Je pleure tellement que je ne pourrai pas pisser durant des jours. Je pleure tellement que le corps décide d'éliminer ses sels minéraux dans mes larmes, je braille du sel, ça fait mal en criss. J'ai une petite coupure sur la joue en plus, le sel dans le sang, c'est la mort.
Monsieur 4 ans pleure aussi. Tout le monde pleure. Les autres de joies, nous de tristesse. Nous sommes tristes car notre histoire d'amour, notre première à tous les deux, est terminée. Ni l'un ni l'autre ne savons pourquoi, lui moins que moi, quoique je ne sais pas non plus. La confusion à l'état pure.
La conscience avait beau me crisser une couples de coups sur la gueule en me criant que c'était la bonne décision, j'étais trop loin. Il me fallait quelques mois de psy pour comprendre ma propre conscience. C'est fucké de voir que sa tête prend des décisions toute seule, et que, comme une mère, elle a toujours raison. Fucké mais... rassurant.