C'est fou à quel point la vie peut changer du tout au tout en aussi peu de temps. Aujourd'hui le rush est fini, le big projet a été complété. Je suis satisfaite du travail fait, insatisfaite de me retrouver les mains vides. Il me faut vite un nouveau projet (heureusement je l'ai!) afin de ne pas tomber dans une sévère dépression (et je ne blague pas!). C'est ma personnalité qui est comme ça.
Mon expérience à Juste pour rire va m'apporter beaucoup, chose certaine. Mais il ne faut pas se leurrer, le monde des arts et spectacles est cruel, sans pitié, et n'est certainement pas facile. Pour les débutants comme pour les établis: dans ce monde, rien n'est acquis.
Et c'est fou à quel point c'est une roue qui tourne. Chaque geste ou à peu près est en lien avec le prochain festival, le prochain gala. Une fois l'événement passé, on recommence. Les humoristes écrivent de nouveaux numéros, se promènent dans les bars, espérant pouvoir être invités aux prochains auditions pour les galas Juste pour rire et Grand rire. Et à travers ça, une nouvelle cuvée de l'École nationale de l'humour fait son entrée dans ce monde. Pour ma part, les deux années vécues à l'école m'ont enveloppé dans une bulle magique. La bulle de la sécurité, un espèce de cocon, un nid tissé pour nous aveugler dans l'illusion. Plus la fin de la formation approche, plus la panique s'élève en nous. "Que vais-je faire?" "Qu'est-ce qui va m'arriver?" "Vais-je réussir?"
Certains s'inscrivent à l'Université dans un autre domaine, fuyant ainsi ces questionnements. D'autres vont travailler dans un domaine complètement différent. Certains lâchent même l'humour. Car à la sortir de l'École, il n'y a rien qu'un gros vide rempli de relève.
La relève en humour. Osti qu'il y en a! Autant des pourris que des excellents. Mais oui, y a des maudits pas bons qui osent se donner le titre d'humoriste. Qui vont noircir notre milieu. Mais ça, c'est la vie. C'est comme ça partout.
Et le plus cruel dans tout ça est que n'importe quelle lumière, n'importe quel espoir, ne veut absolument rien dire. Un show à Juste pour rire n'est garant de rien. Un gala Juste pour rire non plus. Rien n'est garant de rien.
Le cercle vicieux s'y retrouve. Car les artistes ont besoin de cette insécurité pour créer, pour se renouveler, pour se dépasser. Un artiste établi ne peut pas s'asseoir trop longtemps sans risquer de se faire rejoindre par un artiste de la relève déterminé. La saine compétition. Et pas étonnant que le milieu des arts soit si difficile. Dans un bureau, les gens font leurs trucs, y a pas de flaflas, c'est la vie normale. En humour, y a rien de facile. Mais c'est ici que nous sommes heureux, nous, les humoristes.
26 juillet 2008
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9 commentaires:
Dans une certaine mesure, c'est un peu la même chose dans mon travail... Et je te comprends très bien. Ne pas te reposer sur tes lauriers, c'est très sage et très humble de ta part, et j'espère que ça suffira pour que tu puisses continuer ce que tu aimes :)
Tu sembles heureuse en tous cas, ça se lit ! J'suis contente pour toi !
Le numeros de la grosse bonne femme qui fume n'est pas, a mon avis, un numeros tres remarquable, j'ose esperer que tu va produire d'autre numeros meilleur que celui la sinon faudras penser a une autre voie.....
Merci anonyme!
Par chance, lorsque je l'ai fais devant 2600 personnes au Grand rire à Québec, les gens semblaient apprécier!!
Moi j'en suis pas mal fière :)
Nous avons affaire ici à une HUMORISTE CONSACRÉE.
Il va pleuvoir de la marde.
hein?
Je n'ai pas vu ton numéro, mais une personne qui commente sans donner d'explication qui est une seule personne parmis 2600, qui sort son côté NÉGATIF et bien on s'en fou. Si au moins la critique était constructive et apportait des points à améliorer ou à changer, OK, mais là critique négative gratuite.
Bravo à toi ...
Un commentaire anonyme, ca vaut de la marde.
C'est mon avis!
Je te comprends a demi puisque je suis la femme d'un comédien/animateur. Je suis tous ses etats d'ame,ses espoirs, ses deceptions...Pas toujours facile de vivre avec une boule d'émotions!!!
Ca prends de la gueule, de l'audace, de la determination et je ne m'inquiete pas pour toi la dessus!
Et puis moi aussi je seconde El et Lyne!
Incroyable comment les "artistes" se ressemblent...c'est difficile la critique, n'est-ce pas? J'admets que anonyme l'a écrit n'importe comment, mais quand même...la réponse qui a suivit " 2600 personnes ont semblé l'apprécié" ne vaut pas beaucoup plus. y'a un million de personnes qui regarde les rebuts de loft story, est-ce que cela en fait un show de qualité?
Posez la question est y réponde.
Jo qui n'a pas de blog.
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