27 mai 2007
Je passe à tivi!!
Je passe ce soir à Radio-Can à 19h30... au Gala des Oliviers dans le vidéo du début!!!
19 mai 2007
Spa et compagnie
Je ne peux faire autrement que de choisir une détente clichée, vive le spa et ses bulles dans mon visage.
Je reviens donc du Manoir St-Sauveur, où je me suis fais caresser vigoureusement par un massothérapeute du nom de Angelo, cliché inévitable dans ce domaine. Angelo parle d'un langage incompréhensible, autant dû par sa nationalité que par sa voix beaucoup trop posée, une tonalité relaxante mais imperceptible par mes oreilles. Mon chien aurait compris mais encore là, dites-moi à quoi ça sert pour un massothérapeute de parler dans une fréquence canine. Je me dis que cette tonalité "spaienne" doit compléter le forfait relaxant.
J'aime relaxer dans ces endroits spécialement relaxant, la petite musique qui devrait nous taper sur les nerfs mais qui nous berce, pour une fois. J'ai avalé quelques noix pour me sentir en santé, bu une tisane aux mûres trop sucrées, attendu que le temps passe pour être bien certaine d'avoir vraiment pris du repos.
Chaque année, j'ai cette conviction que la visite d'un spa va changer ma vie. L'an dernier, j'ai choisi un bain thérapeutique au lait caillé. Je dis caillé parce qu'un bain bouillant de lait, ça ne peut être que caillé. Bon, ça ne sentait rien de caillé, peut-être était-ce du faux lait... Bref, un bain cher pour un bain de faux lait.
La madame en kit blanc a préparé le bain, m'a garoché une serviette et m'a dit dans une tonalité "spaienne": "Bon ben... bon bain!". Elle a ri, je n'ai pas ri, j'étais nue et j'avais vachement hâte d'être enveloppée de produits relaxants et laitiers. Et puis j'ai attendu. Que le temps passe et me repose. Puis la mousse s'est mise à monter. Et à monter. Et à monter. Dans ces moments on se demande ce qu'on a fait de mal. J'appuie sur un bouton. Les bulles cessent de buller. J'attends, la mousse redescend. J'appuie sur un bouton. Les bulles s'excitent à nouveau, la mousse monte de plus belle, j'ai peine à respirer, je ne relaxe vraiment plus, à présent, je ris. Je me sens comme Woody Allen dans un film, je me bas avec de la mousse de lait caillé, j'ai un peu peur. Comme Woody qui se battait contre un pouding géant. Enfin... Je crie à l'aide, la madame en kit blanc crie en hautes fréquences, je panique, la pièce est remplie de mousse.
Je quitte les lieux et maudit contre ces maudits spas.
Ce qui ne m'a pas empêché de passer ma journée dans un spa, aujourd'hui, à me faire sentir de la lavande dans des mains de massothérapeute, pour un sensation des plus... ordinaires.
Je reviens donc du Manoir St-Sauveur, où je me suis fais caresser vigoureusement par un massothérapeute du nom de Angelo, cliché inévitable dans ce domaine. Angelo parle d'un langage incompréhensible, autant dû par sa nationalité que par sa voix beaucoup trop posée, une tonalité relaxante mais imperceptible par mes oreilles. Mon chien aurait compris mais encore là, dites-moi à quoi ça sert pour un massothérapeute de parler dans une fréquence canine. Je me dis que cette tonalité "spaienne" doit compléter le forfait relaxant.
J'aime relaxer dans ces endroits spécialement relaxant, la petite musique qui devrait nous taper sur les nerfs mais qui nous berce, pour une fois. J'ai avalé quelques noix pour me sentir en santé, bu une tisane aux mûres trop sucrées, attendu que le temps passe pour être bien certaine d'avoir vraiment pris du repos.
Chaque année, j'ai cette conviction que la visite d'un spa va changer ma vie. L'an dernier, j'ai choisi un bain thérapeutique au lait caillé. Je dis caillé parce qu'un bain bouillant de lait, ça ne peut être que caillé. Bon, ça ne sentait rien de caillé, peut-être était-ce du faux lait... Bref, un bain cher pour un bain de faux lait.
La madame en kit blanc a préparé le bain, m'a garoché une serviette et m'a dit dans une tonalité "spaienne": "Bon ben... bon bain!". Elle a ri, je n'ai pas ri, j'étais nue et j'avais vachement hâte d'être enveloppée de produits relaxants et laitiers. Et puis j'ai attendu. Que le temps passe et me repose. Puis la mousse s'est mise à monter. Et à monter. Et à monter. Dans ces moments on se demande ce qu'on a fait de mal. J'appuie sur un bouton. Les bulles cessent de buller. J'attends, la mousse redescend. J'appuie sur un bouton. Les bulles s'excitent à nouveau, la mousse monte de plus belle, j'ai peine à respirer, je ne relaxe vraiment plus, à présent, je ris. Je me sens comme Woody Allen dans un film, je me bas avec de la mousse de lait caillé, j'ai un peu peur. Comme Woody qui se battait contre un pouding géant. Enfin... Je crie à l'aide, la madame en kit blanc crie en hautes fréquences, je panique, la pièce est remplie de mousse.
Je quitte les lieux et maudit contre ces maudits spas.
Ce qui ne m'a pas empêché de passer ma journée dans un spa, aujourd'hui, à me faire sentir de la lavande dans des mains de massothérapeute, pour un sensation des plus... ordinaires.
16 mai 2007
Je pars pour Rouyn
Dans le cadre de notre tournée, on fait des shows. Partout. Sous-sol d'église, cave puante, stationnement de centre commercial, maison de vieux. Festival du cossin typique d'une ville Ste-Quelque chose, party de bureau de la Banque populaire, mettez-en.
Des shows, on en fait. Le mois de mai intense, quatre ou cinq par semaine, pas le temps de passer l'aspirateur chez moi, ça sent le sous-sol d'église dans mon appartement.
Moments d'extase, les soirs où la salle est comble, où le public en délire s'arrache la tête en riant, dilate la rate de son voisin. Moments amusants lorsque la salle s'amuse. Moments ordinaires, parfois, aussi.
À Trenton, en Ontario. Devant des familles de militaires francophones. Chaque année, la salle communautaire des Sergents-Lieutenants-Maintenant est comble. Le stage est trop haut, les rideaux trop courts, on nous voit les pieds. Cette année, la salle n'est pas comble. 38 personnes.
Pas de mise en scène, cette soirée-là on ne présente que nos 5 minutes, les uns après les autres. Des poules sans tête qui se rendent à l'abattoir à l'aveuglette, les spots un peu cheap illuminant leur chemin, pas de tapis rouge pour ce soir. Les poules font rire 38 personnes, se donnent à fond, parce que les 38 personnes ont payé 30$, l'organisatrice perd de l'argent, on ne veut pas perdre nos pattes en plus de nos têtes.
Moments d'extase où un certain 14 mai au soir, au Club Soda, notre show est présenté dans sa sauce, une mise en scène extra, le public ne s'arrachant plus simplement la tête mais les tripes, aussi. Moment fabuleux pendant mon numéro, la grâce de Dieu me donnant ma drogue, je suis sur scène, dans mon personnage, mais je suis là, aussi, derrière. Je peux faire mon numéro tout en contemplant la scène, je suis témoin de ma propre performance, j'apprécie doublement d'être en vie. Je sais exactement pourquoi je suis vivante.
****
Jeudi nous serons à Rouyn-Noranda. Près de 8 heures en char, tout ça pour un 5 minutes. Pas de mise en scène, c'est un Trenton prise deux. On va se donner, parce que. Parce qu'il faut se donner, peu importe où, le sous-sol d'église, l'entrée de garage, le salon funéraire. Rouyn-Noranda. On arrive.
Des shows, on en fait. Le mois de mai intense, quatre ou cinq par semaine, pas le temps de passer l'aspirateur chez moi, ça sent le sous-sol d'église dans mon appartement.
Moments d'extase, les soirs où la salle est comble, où le public en délire s'arrache la tête en riant, dilate la rate de son voisin. Moments amusants lorsque la salle s'amuse. Moments ordinaires, parfois, aussi.
À Trenton, en Ontario. Devant des familles de militaires francophones. Chaque année, la salle communautaire des Sergents-Lieutenants-Maintenant est comble. Le stage est trop haut, les rideaux trop courts, on nous voit les pieds. Cette année, la salle n'est pas comble. 38 personnes.
Pas de mise en scène, cette soirée-là on ne présente que nos 5 minutes, les uns après les autres. Des poules sans tête qui se rendent à l'abattoir à l'aveuglette, les spots un peu cheap illuminant leur chemin, pas de tapis rouge pour ce soir. Les poules font rire 38 personnes, se donnent à fond, parce que les 38 personnes ont payé 30$, l'organisatrice perd de l'argent, on ne veut pas perdre nos pattes en plus de nos têtes.
Moments d'extase où un certain 14 mai au soir, au Club Soda, notre show est présenté dans sa sauce, une mise en scène extra, le public ne s'arrachant plus simplement la tête mais les tripes, aussi. Moment fabuleux pendant mon numéro, la grâce de Dieu me donnant ma drogue, je suis sur scène, dans mon personnage, mais je suis là, aussi, derrière. Je peux faire mon numéro tout en contemplant la scène, je suis témoin de ma propre performance, j'apprécie doublement d'être en vie. Je sais exactement pourquoi je suis vivante.
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Jeudi nous serons à Rouyn-Noranda. Près de 8 heures en char, tout ça pour un 5 minutes. Pas de mise en scène, c'est un Trenton prise deux. On va se donner, parce que. Parce qu'il faut se donner, peu importe où, le sous-sol d'église, l'entrée de garage, le salon funéraire. Rouyn-Noranda. On arrive.
08 mai 2007
L'avenir
Je croyais mes trois prochaines années planifiées, je croyais bien m'en sortir. Me sauver de la vie, échapper à l'inconnu, tout contrôler.
Je veux tout contrôler, j'aime contrôler, je déteste voir ma tête penser, entendre ma bouche parler seule, je veux les contrôler.
Je veux contrôler ma vie, la diriger.
Je ferais une superbe anorexique, j'aurais l'excuse parfaite. Je veux contrôler les entrées et sorties de ma nourriture. Je veux de moins en moins d'entrées, de plus en plus de sorties, évacuer même ce que je n'ai pas ingurgiter, gratter en mon intérieur, tout expulser, quelque soit la voie, mes yeux, mon nez, peu m'importe. Tout ce que je veux, c'est contrôler.
La vie, donc, se fout bien de moi, elle s'impose, contrôle. À ma place. Si j'étais cette anorexique, je serais morte. La vie aurait choisi, la mort, décision finale. Un paquet d'os, un dernier repas lui sortant par les yeux, elle reposerait. Morte. Car la vie veut bien nous comprendre, lorsqu'elle choisit, il n'y a rien à faire. La vie nous contrôle, nous laisse croire le contraire afin de mieux nous surprendre.
Elle n'est pas dupe. Elle ne pouvait me laisser décider de mon avenir ainsi, elle devait indiquer qui était le maître.
J'ai donc appris la nouvelle. Mes 3 prochaines années ne sont plus fixées. Je me retrouve dans le vide, je tombe, je suis devant le néant. Et malgré mon immense besoin de vouloir contrôler ma vie, je ne me sens pas mal, j'ai pleuré quelques minutes, oui, mais sans plus. Je choisis de laisser la vie me guider, j'ai envie de flotter, un peu, beaucoup, vivre, enfin, pour vrai.
L'anorexique est morte, je ne la pleure pas.
Je veux tout contrôler, j'aime contrôler, je déteste voir ma tête penser, entendre ma bouche parler seule, je veux les contrôler.
Je veux contrôler ma vie, la diriger.
Je ferais une superbe anorexique, j'aurais l'excuse parfaite. Je veux contrôler les entrées et sorties de ma nourriture. Je veux de moins en moins d'entrées, de plus en plus de sorties, évacuer même ce que je n'ai pas ingurgiter, gratter en mon intérieur, tout expulser, quelque soit la voie, mes yeux, mon nez, peu m'importe. Tout ce que je veux, c'est contrôler.
La vie, donc, se fout bien de moi, elle s'impose, contrôle. À ma place. Si j'étais cette anorexique, je serais morte. La vie aurait choisi, la mort, décision finale. Un paquet d'os, un dernier repas lui sortant par les yeux, elle reposerait. Morte. Car la vie veut bien nous comprendre, lorsqu'elle choisit, il n'y a rien à faire. La vie nous contrôle, nous laisse croire le contraire afin de mieux nous surprendre.
Elle n'est pas dupe. Elle ne pouvait me laisser décider de mon avenir ainsi, elle devait indiquer qui était le maître.
J'ai donc appris la nouvelle. Mes 3 prochaines années ne sont plus fixées. Je me retrouve dans le vide, je tombe, je suis devant le néant. Et malgré mon immense besoin de vouloir contrôler ma vie, je ne me sens pas mal, j'ai pleuré quelques minutes, oui, mais sans plus. Je choisis de laisser la vie me guider, j'ai envie de flotter, un peu, beaucoup, vivre, enfin, pour vrai.
L'anorexique est morte, je ne la pleure pas.
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